Tu prépares un roadtrip au Mexique? Parmi tous les bons conseils que je peux te donner pour t’y préparer, il y en a un qui te servira à anticiper une situation fort désagréable et dont nous n’avons – heureusement – pas l’habitude en France: comment gérer la situation en cas de contrôle de police et en particulier si tu te trouves face à un policier corrompu?

En effet, tu as sans doute déjà entendu parler du risque (avéré) de te faire arrêter sur la route par des policiers qui espèrent obtenir un peu d’argent par touristes effrayés ou mal informés. Malheureusement, la corruption semble être assez répandue au sein de la police mexicaine, et de nombreux touristes qui partent en roadtrip au Mexique en font les frais. J’ai toutefois une confession: nous avons eu la chance de ne pas vivre cette situation. Sans doute aussi parceque nous avons redoublé de prudence, et appliqué les conseils préventifs que je vais te fournir ci-dessous. Néanmoins c’est apparemment rare pour un touriste de ne jamais croiser un policier un peu véreux sur la route (hélas). Je te partage donc la marche à suivre pour éviter au maximum de tomber dans le piege.

Avant de commencer, il est utile de savoir que seule la police fédérale a le droit de verbaliser sur le réseau routier mexicain, et aucune autre (pas la Policia Estatal, de Transito ou encore la Municipal)! De plus, il est rare que les touristes soient verbalisés pour de petites erreurs de code de la route, car la police fédérale a instauré une verbalisation de courtoisie pour les touristes qui a une visée préventive pour les délits mineurs. Attention: l’alcool et les excès de vitesses n’en font pas partie et sont eux soumis à un régime de tolérance zéro! Cette regle ne s’applique pas en ville.

Eviter les policiers corrompus au Mexique: bien se préparer avant le trajet

Règle N°1: Photocopier ton permis de conduire et ton passeport

Il ne faut JAMAIS laisser l’original de ton permis de conduire ou de ton passeport (malheureux!) lors d’un contrôle de police au Mexique. Car le policier malhonnête pourrais s’en saisir et les confisquer comme monnaie d’échange pour mettre un coup de pression dans son chantage (du style, il faudra venir le récupérer le lendemain dans un poste de police éloigné, etc).
Du coup, histoire de prévoir le coup et montrer ta bonne foi, je te conseille de laisser quelques photocopies de ces documents dans la boite à gant, que tu pourras sortir en cas de contrôle. Il faudra alors bien entendu prétendre que tu n’as pas les originaux sur toi, en prétextant par exemple que tu les as laissé à l’hôtel (même si c’est faux!).

Règle N°2: limiter le cash

Prend un porte-monnaie supplémentaire dans tes bagages. Chaque fois que tu prends la route, surtout sur des trajets un peu long qui seraient propices à un controle louche, limite au maximum l’argent liquide que tu emportes dans ce porte-monnaie « officiel ». Laisse juste 100 ou 200 pesos. Ainsi, si tu en arrives vraiment à devoir payer quelque chose, tu pourras prétendre n’avoir rien de plus que celà, et la douloureuse sera limitée…

Eviter les contrôles de police sur la route au Mexique

Règle N°3: respecter le code de la route

En premier lieu, comme je le disais plus haut, il est très important de respecter au maximum les limitations de vitesse et le code de la route (panneaux, stops, feux rouge…) pour ne pas attirer l’attention ni donner aux policiers une bonne excuse pour vous arrêter. Neanmoins, ça peut quand même arriver donc NO PANIC. Pour rappel des limitations de vitesse, tu peux consulter cet article.

Règle N°4: Evite les routes isolées

Il est évident que les controles véreux ont plus de chance de survenir à l’abri des regards, loin de tous témoins. C’est pourquoi il est conseillé d’éviter au maximum les routes peu fréquentées, et de ne pas rouler la nuit (après 22h ou 23h), lorsque le traffic est faible voire nul.

Comment réagir en cas de contrôle de police au Mexique?

Règle n°4: no hablo español!

Ca c’est le plus difficile pour moi qui suis bilingue, mais si un policier t’arrête il ne faut SURTOUT pas lui laisser penser que tu parles espagnol ni entrer dans une discussion avec lui. La meilleure stratégie: parler en français, expliquer avec de grands gestes que tu ne comprends pas ce qu’il te dis ou te demande, insister sur le fait que tu es TOURISTE et FRANCAIS (pas gringo, ça c’est leurs proies préférées je pense…). Il faut que le flic sente qu’il va galérer à se faire comprendre, et perdre beaucoup de temps pour une issue peu certaine.

Règle n°5: l’appel à un ami

Puisque tu ne comprends pas ce que le Monsieur te dit (cf règle numéro 4), explique-lui que tu vas appeler l’hôtel ou l’agence de location pour qu’il voit directement avec eux ce qu’il se passe. En général, c’est assez ennuyeux pour le policier qui veut se justifier…

Règle n°6: ne jamais donner tes papiers

Se référer à la règle N°1… si le policier insiste pour avoir ton permis ou ton passeport, tu peux lui donner une photocopie, mais jamais l’original (sinon, il s’en servira pour te faire chanter ou te mettre la pression).

Règle n°7: ne pas ouvrir la voiture / le coffre du véhicule

Normalement, les contrôles de police n’ont pas vocation à fouiller le véhicule. Donc s’il t’est demandé d’ouvrir le véhicule, refuse poliement (de toutes façon à priori tu ne comprend pas ce qu’on te demande – cf encore règle numéro 4…). Si malgré tout le policier ne veut pas vous relâcher sans son petit billet, sortez une petite coupure, montrez-lui que vous n’avez rien d’autre (cf règle N°2), et qu’il devra s’en contenter.

Règle n°8: Relever l’immatriculation du policier

Si le policier insiste, n’hésite pas à noter son nom et numéro de matricule (épinglé à gauche sur leur poitrine). Sache que ceci est tout à fait légitime. Si le policier rétorque, rappelle toi que tu ne parles pas espagnol. Tu peux ainsi prétexter vouloir consulter l’ambassade pour clarifier la situation.

Règle n°9: Don’t panic!

Dans tous les cas, si tu te retrouves dans une situation de contrôle ou face à un policier insistant, tente de garder un semblant de calme (même si dans ton corps c’est la panique totale!). Il faut montrer que tu n’as rien à te reprocher!

Règle n°10: tous les policiers ne sont pas corrompus (à priori)

Sachez quand même que la présence de policiers est normale sur certains postes de contrôle fixes, notamment aux frontières entre les Etats (Yucatan, Quintana Roo, Campeche) ou avec les pays frontaliers (Guatemala…). Donc pas de stress! Quand nous en avons croisé, les policiers sur ces postes étaient soit absents, soit en train de siester dans la voiture (car grosses chaleurs), et parfois un peu plus attentifs mais sans arrêter de véhicules.

Tout comme ce que j’avais vécu en Colombie, la présence policiere et militaire a aussi une vocation un peu « marketing » auprès de la population et des touristes, pour montrer qu’il y a des forces en présence qui à priori assurent notre sécurité.

J’espère que ces conseils pour limiter les risques de contrôles policiers sur les routes mexicaines te seront utiles. En as-tu d’autres à partager? As-tu déjà été arrêté par la police au Mexique? Si oui, comment as-tu réagi?

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