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Philippines

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Me voilà revenue pour une courte période aux Philippines. Histoire un peu trop longue à raconter ici, mais en gros deux semaines auparavant je pensais avoir quitté pour toujours ou presque le pays – à contre-cœur – et le destin a décidé de jouer les prolongation. 15 jours de plus. Youhou!
N’en ayant jamais assez vu du pays, je m’étais mise en tête de refaire un séjour quelques part.
Au nord, au sud, peut importe tant que ces quelques jours de dépaysement m’offrait l’opportunité d’une nouvelle destination.
Dimanche, fin de soirée après un week-end à Manille bien rempli, entre plongée à Anilao, soirée à Mandaluyon et brunch à Makati… grosse session de brainstorming.
Et si nous allions travailler dans un environnement plus agréable voire exotique la semaine prochaine?
Oui, je perverti même les intentions de Monsieur qui comme moi s’était promis de travailler sagement depuis son bureau, avec vue sur Central Park (enfin, sur les Villages privés qui s’étendent à perte de vue au pied de notre tour et font illusion que Manille est un havre de verdure). Mais après tout, rien de nous retient particulièrement à Manille, nous n’avons même plus d’internet dans l’appartement (en vue d’un nouveau déménagement), nous sommes un peu des … Digital Nomade!
Grosse réflexion « express » donc, avec un problème majeur du Mais Où Irons Nous Cette Fois. Oui je sais, il y a pire comme soucis (#problemederiches).
Après de longues délibérations, tableau comparatif maison à l’appui (véridique), nous optons pour le nord. Ce sera Laoag, Pagudpud, Vigan… le vol est correct, les commentaires de notre entourage très positifs. Mais en y regardant de plus près, pas vraiment de plage – quoiiii? – et transports locaux plutôt incertains – et oui il est préférable de se manger les 10-12 heures de route en voiture depuis Manille que d’y aller en avion ou bus. Mais, oups, nous n’avons pas de voiture…
Sur les coups – coup de de 2h du mat, coup de tête et coup de folie – nous changeons soudainement de plan.
Ce sera Palawan, avec des vols qui battent les records du bon marché (25 euros!).
Et pourquoi pas prendre directement le premier vol, suggère Monsieur?
Et là je flippe grave, j’avoue. Le stress monte. Quoi, là, prendre l’avion dans 3h30? C’est impossible!
Mais impossible n’est pas dans notre vocabulaire, et nous décidons de relever le challenge. A quoi bon dormir du sommeil de veille d’exam, tous fébriles et stressés par l’heure proche du reveil?
Juste le temps de jeter quelques affaires dans nos sacs à dos, un maillot, une serviette, crème solaire bien sûr (très important), un masque de plongée mais aussi pour cette fois ordinateur (pour bosser!) et bullet journal (et oui!).
Une réservation dare-dare dans un hôtel abordable à l’arrivée.
Et nous voilà sur le tarmac dans un avion Air Asia en direction de Puerto Princesa.
A 8h30 du mat’ nous sommes déjà en bord de mer, au Microtel Palawan Puerto Princesa dont le van est venu nous chercher gratuitement à l’aéroport. Paysage désert, mangrove, sable blanc, hamacs qui se balancent et invitent à la détente… l’endroit est idéal.
Coup de chance, notre chambre, avec vue mer et sortie directe sur la plage, est déjà prête, nous nous accordons un moment de sieste (ou plutôt, notre nuit de sommeil – raccourcie) bien mérité avant d’attaquer vraiment la journée.
Après une trempette dans les quelques dizaines de centimètres de mer à marrée haute et un rinçage dans la piscine, nous nous glissons presque à notre insu dans la peau d’un couple de vacanciers philippins.
L’hôtel, un peu en retrait, propose en effet une excursion urbaine intéressante: des navettes gratuites vers le centre commercial Robinson! Nous testons la grandeexpérience du Mall.
Passer une heure dans un Centre Commercial de province, c’est tout un art.
Nous avons d’abord l’impression de pénétrer dans une galerie des années 60 – 70. Rien de très joli dans cet endroit où plus de la moitié des commerces semblent être des fast food et autres chaines de restauration philippines.
Au bout de la galerie marchande, comme dans tout centre commercial qui se respecte, nous trouvons un magasin de bricolage, sorte de Leroy Merlin local. Notre goût des travaux reprend le dessus. Là où tout autre touriste se serait attardé à l’achat de souvenirs, nous devisons un moment sur la possibilité d’acheter des prises (internationales, USB, etc) pour notre appartement parisien…
Nous ressortirons finalement avec des piles, un couteau de poche et une couverture de survie (qui peut vraiment vous sauver la vie ici dans un avion ou au cinéma, dis-je).
Petites courses en vue d’un apéro, et pour les dix minutes qu’il nous reste avant que le van ne repasse nous prendre, nous nous retrouvons en train de faire la queue chez Jollibee pour un triste et plat hamburger dont Monsieur a soudain une irrépressible envie.
De retour à l’hôtel, nous nous accordons un apéritif très agréable les pieds dans le sable, en mode plan B pour un Gin Tonic bien frais (PQ autour des verres… pour garder un tant soi peu la fraîcheur) pendant que nous travaillons.
Suite de la soirée au restaurant de l’hôtel, dont l’extérieur et les mangroves sont joliment éclairés.
Le serveur ne semble même pas surpris lorsque ce couple de français sort de sa besace une bouteille de blanc, en exigeant en plus un seau à glace et des verres à vin. Merveilleux accompagnement du kinilaw* tout à fait honorable de l’hôtel !
Le lendemain, direction Port Barton, petit port de pêcheur dont je rêve depuis longtemps.
Nous poussons un soupir de soulagement lorsque le van réservé hâtivement par SMS la veille au soir franchi les grilles de l’hôtel, avec seulement 30 minutes de retard (c’est assez peu aux Philippines!).
On y voyage collé serrés, et pour la sécurité routière, repassez plus tard: la plupart des sièges n’ont pas de ceinture. Monsieur arrive même à voyager dos à la route, en retournant son fauteuil pour avoir quelques centimètres de plus pour ses longues gambettes.
Trois heures plus tard, pause déjeuner du chauffeur comprise (nous observons en attendant l’église de l’autre côté de la route, de la secte Iglesia Ni Cristo, semblable à toutes les autres églises de cette communauté), nous avons parcouru la route sinueuse et pas toujours goudronnée qui nous sépare de ce petit paradis sur terre.
Il est dit que Port Barton est le El Nido d’il y a 20 ans.
On oublie le confort, l’électricité 24/24 et l’eau chaude pour un moment, nous voilà dans un endroit calme et encore protégé, dont la rive est bordée de bankas*.
Les pieds dans l’eau, mer à au moins 31°C dans laquelle on se jette sans hésitation. Pas trop aventuriers quand même, nous sursautons à chaque algue qui vient nous chatouiller les gambettes car on nous a prévenu : il y a des méduses en ce moment. Aie…
Cocktail bien aqueux à la main, nous admirons le coucher de soleil, encore plus beau avec les nuages qui parsèment le ciel et lui donne du relief.
Il n’y a pas à dire, les plus beaux, nous les avons vus aux Philippines. C’est magnifique, ces palettes de couleur qui se déploient entre 17h30 et 18h dans le ciel philippin, des couleurs si incroyables qu’on les trouverait invraisemblables si elles sortaient du crayon d’un artiste.